réalisation en informatique musicale (klangregie)

le réalisateur en informatique musicale, ou « klangregisseur » (allemand), est un(e) musicien(ne) ingénieur du son spécialisé(e) dans la conception, la réalisation et l’interprétation de musique électroacoustique ou de la part électroacoustique d’une œuvre de musique, danse ou théâtre, ou d’une installation sonore. cette part électroacoustique est typiquement constituée en partie d’éléments préenregistrés et spatialisés (« projetés ») dans la salle, en partie d’éléments de synthèse issus d’instruments de musique électronique interprétés pendant l’exécution, et en partie de traitements en temps réel de sons captés.

pour une œuvre du répertoire, le réalisateur en informatique musicale se fonde entre autres sur la partition dès la conception du projet. pendant le concert, il ou elle en exécute les instructions comme les autres musiciens.

pour un projet en création, le réalisateur en informatique musicale travaille souvent très en amont de la première en studio en étroite collaboration avec le compositeur, non seulement sur la conception technique d’un projet, mais surtout sur la l’élaboration formelle, musicale et sonore ainsi que la construction du ou des instruments de musique électroacoustique qui seront utilisés lors de l’interprétation.

à propos du terme « réalisateur en informatique musicale »

le titre de « réalisateur en informatique musicale » ou son équivalent anglais « computer music designer », ont été proposés par l’ircam en 2005 et sont actuellement souvent utilisés (1). ils sont précis mais restrictifs car se focalisent sur l’outil technique, et de plus sur un seul des outils utilisés (l’ordinateur) parmi de nombreux, tant numériques qu’analogiques. pour ce qui est de la technique, le réalisateur en informatique musicale doit considérer l’ensemble de la chaîne électroacoustique (du microphone/capteur au haut-parleur): un microphone ou capteur connecté un amplificateur, sans même aucun autre traitement dédié, constituent déjà ensemble un instrument de musique électroacoustique, ce que de nombreuses œuvres musicales de tous genres ont utilisé à dessein.

outils analogiques et numériques

il est également notable que de très nombreux procédés de traitement sonores informatiques ou plus généralement numériques (par exemple filtres, distorsions, délais, modulations d’amplitude et de fréquence…) sont directement inspirés de procédés initialement analogiques, et ce quel que soit l’outil informatique utilisé (comme par exemple max/msp, pure data, reaktor, ainsi que les stations de travail audionumériques). ceci ne doit bien entendu pas gommer la spécificité de l’outil informatique et les nombreuses et uniques possibilités que celui-ci ouvre, mais doit inciter à considérer la chaîne électroacoustique (analogique tant que numérique) comme un tout indissociable.

approche électronique et acoustique

de plus, il est bien entendu absolument nécessaire, lors de la conception électroacoustique d’un projet, de l’aborder d’un point de vue purement acoustique (production acoustique du son, propagation dans la salle de concert) et perceptif, notamment pour choisir, dimensionner et positionner correctement les capteurs, microphones et sources électroacoustiques afin de se rapprocher le plus possible de l’objectif perceptif visé.

de ce point de vue, le terme allemand de « klangregisseur » (historiquement l’un des premiers utilisés, popularisé notamment par luigi nono et karlheinz stockhausen), qui a certes le défaut inverse d’être trop général (« klangregie » signifie simplement « direction du son » ou « réalisation du son »), est plus juste.

(1) plusieurs autres termes, comme « assistant musical », « musicien électronique », ont été utilisés dans le passé.


sélection de projets